Cooking Oils·9 min de lecture

Quelles huiles ne sont pas des huiles de graines ?

L'huile d'olive, d'avocat, de palme et de coco ne sont pas des huiles de graines. Tableau de chaque huile de cuisine classée par partie de la plante.

Quelles huiles ne sont pas des huiles de graines ?

Quelles huiles ne sont pas des huiles de graines

L'huile d'olive, l'huile d'avocat et l'huile de palme ne sont pas des huiles de graines : toutes trois sont pressées à partir de la chair d'un fruit, et non d'une graine. L'huile de coco, les huiles de fruits à coque comme la noix ou la noisette et toutes les graisses animales — beurre, saindoux, graisse de canard — sortent également de la catégorie telle qu'on l'emploie, et la plupart des listes laissent aussi l'huile d'arachide de côté.

Une précision s'impose d'emblée, car elle explique tout le reste. "Huile de graines" n'est ni un terme botanique ni une catégorie réglementaire : aucune autorité sanitaire ne la définit ni n'exige le terme sur une étiquette. C'est un regroupement d'usage courant, et il décrit bien mieux la façon dont une huile est extraite et les quantités consommées que la partie de la plante dont elle provient. D'où le fait que deux listes coïncident rarement, et que plusieurs entrées du tableau soient indiquées comme discutées.

La liste qui circule le plus en cite huit : colza, maïs, coton, soja, tournesol, carthame, pépins de raisin et son de riz. Confrontée à un manuel de botanique, elle se défait par les deux bouts à la fois.

Chaque huile de cuisine, classée

La colonne de la partie de la plante est botanique ; la suivante reprend l'usage courant.

HuilePartie de la planteHuile de graines ?Pourquoi
SojaGraine de légumineuseOuiL'archétype : culture de masse, solvant, beaucoup d'acide linoléique
ColzaGraineOuiVraie graine, raffinée à grande échelle, mais surtout monoinsaturée
TournesolGraine dans un fruit secOuiVendue en versions riches en linoléique ou en oléique, bouteilles identiques
CarthameGraineOuiLa version riche en linoléique est l'huile la plus chargée en oméga-6 du marché
MaïsGerme d'un grainOui, par conventionFraction de céréale plutôt que graine, mais présente sur toutes les listes
CotonGraineOuiVraie graine et sous-produit d'une culture textile
Pépins de raisinGraine d'un fruitOui, discutéGraine au sens strict ; défendue comme sous-produit de la vinification
Son de rizEnveloppes et germe du grainDiscutéVient du grain, pas d'une graine
SésameGraineDiscutéTraditionnelle, souvent non raffinée, employée à la cuillère à café
ArachideGraine de légumineuseDiscutéMême structure que le soja ; écartée parce qu'on l'appelle fruit à coque
Lin, chanvre, courge, moutardeGraineOui au sens littéral, presque jamais citéesPressées à froid, petits flacons, jamais des huiles de friture industrielle
Noix, amande, noisetteGraine dans une drupeNon, par conventionRangées parmi les fruits à coque ; la noix est pourtant riche en linoléique
OlivePulpe du fruitNonOn presse la chair de l'olive, pas le noyau
AvocatPulpe du fruitNonPressée à partir de la chair du fruit
PalmePulpe du fruitNonIssue de la pulpe orangée du fruit du palmier à huile
PalmisteGraineBotaniquement oui, jamais citéeLa graine du même fruit, mais très saturée
CocoTissu de la graine, dans une drupeBotaniquement oui, jamais citéePlus proche d'une huile de graines que l'olive, et personne ne la classe ainsi
Beurre, saindoux, graisse de canardAnimalNonCe ne sont pas des huiles végétales

La catégorie ne suit pas la botanique

L'huile de soja ouvre toutes les listes et provient d'une graine de légumineuse, la structure même de l'arachide que ces listes excluent. L'huile de maïs est pressée à partir du germe d'un grain, celle de son de riz à partir de ses enveloppes ; ni l'une ni l'autre n'est une graine au sens où chacun emploie le mot. Le tournesol lui-même est imprécis : ce que vous achetez en sachet est botaniquement un fruit sec à une seule graine.

La catégorie fuit aussi dans l'autre sens. Le lin, le chanvre, la courge et la moutarde donnent des huiles de graines au sens le plus littéral et n'apparaissent presque jamais sur les listes. L'huile d'amande provient de la graine logée dans une drupe, la structure même qui fait qu'une noix de coco est une noix de coco.

Cela ne rend pas la catégorie inutile. Cela en fait une catégorie fondée sur autre chose que l'anatomie végétale, et comprendre sur quoi constitue toute la réponse.

Pourquoi l'olive, l'avocat et la palme sont réellement différents

Ce sont les cas les plus nets, et ils partagent un mécanisme : l'huile se trouve dans la partie charnue du fruit, on peut donc la séparer mécaniquement — broyage, malaxage, centrifugation — sans solvant. Une vierge extra est pour l'essentiel le jus de la pulpe ; l'huile d'avocat s'obtient de façon comparable, et l'huile de palme vient de la pulpe orangée du fruit.

Le palmier à huile rend la frontière visible, puisqu'un même fruit donne deux huiles. L'huile de palmiste est pressée à partir de la graine intérieure, ce qui en fait littéralement une huile de graines, alors qu'elle est très saturée et ne figure sur aucune liste. La noix de coco pose le même problème : la chair blanche est le tissu de la graine, à l'intérieur d'une drupe.

Ce qui les sépare vraiment des huit, c'est la composition : olive et avocat dominés par les monoinsaturés, coco et palme par les saturés, et peu d'acide linoléique dans les quatre. Le tableau des oméga-6 huile par huile met les chiffres côte à côte.

Les quatre huiles qui font débat

L'huile de sésame est une huile de graines par définition et n'est presque jamais traitée comme telle. Elle sert de condiment, s'emploie à la cuillère à café, est souvent non raffinée et possède une longue histoire culinaire. L'exception est culturelle, pas chimique.

L'huile de pépins de raisin est sans ambiguïté une huile de graines, parfois défendue comme sous-produit de la vinification. Sous-produit ou non, elle figure parmi les huiles les plus riches en acide linoléique.

L'huile de son de riz provient des couches retirées lors de l'usinage du riz : tout dépend de l'endroit où vous tracez la limite autour d'un grain.

L'huile d'arachide est le cas le plus tranchant. L'arachide est une graine de légumineuse, structurellement identique au soja, et l'huile raffinée a longtemps été l'huile de friture de référence en France. Elle est absente de la plupart des listes pour un simple accident de vocabulaire : on l'appelle fruit à coque.

Ce que la liste mesure réellement

Une fois la botanique écartée, quatre traits font presque tout le tri. Ces huiles sont extraites à l'échelle industrielle, le plus souvent au solvant, puis raffinées, décolorées et désodorisées. Elles sont riches en acide linoléique, le principal oméga-6 alimentaire. Ce sont des cultures peu coûteuses, d'où leur domination dans les friteuses et les produits emballés. Et elles ne sont abondantes que depuis peu, si bien que les quantités consommées ont beaucoup changé en un siècle.

C'est une définition cohérente. Ce n'est simplement pas celle que suggère le mot "graine", et elle ne dit rien, à elle seule, sur la nocivité éventuelle de ces huiles. Cette question est distincte et réellement débattue : quelles huiles de cuisson favorisent l'inflammation résume ce que montrent les essais et les cohortes, et les arguments contre les huiles de graines, vérifiés les reprend un par un.

Ce que l'étiquette laisse dans l'ombre

Dans l'Union européenne, les huiles végétales raffinées doivent être déclarées avec leur origine précise : une étiquette française indique "huiles végétales (colza, palme)", parfois avec une mention signalant que les proportions varient — autrement dit, le mélange peut changer d'un lot à l'autre.

Le Nutri-Score n'aide pas sur ce point précis. C'est un score volontaire de A à E affiché à l'avant de l'emballage ; pour les matières grasses ajoutées, il tient compte notamment des acides gras saturés, du sel et de l'énergie. Il peut donc distinguer une huile très saturée d'une huile qui l'est peu, mais il ne dit rien de la partie de la plante dont l'huile provient.

Au restaurant, il n'y a aucune déclaration, et c'est généralement là que se joue le plus gros des quantités : comment éviter les huiles de graines au restaurant.

Si la frontière compte pour vous

Une fois la définition claire, la question utile devient la quantité plutôt que l'appartenance. Une cuillère à café d'huile de sésame et ce qu'absorbe une friture ne sont pas la même exposition, quoi qu'en dise la catégorie. Les fritures et les produits emballés concentrent les volumes : c'est là qu'un changement peut se remarquer.

Savoir si cela se traduit dans ce que vous ressentez, seul votre propre relevé peut y répondre. C'est l'objet de NutriAI : vous photographiez un repas, vous recevez une note estimée de potentiel inflammatoire, vous notez ensuite vos symptômes et vous voyez, au fil des semaines, si une tendance possible se dessine. Deux limites honnêtes. L'huile ajoutée est ce qui s'estime le plus mal à partir d'une photo, parce qu'elle est absorbée, invisible et dépend de la cuisine. Et une tendance repérée reste une corrélation dans vos propres données, pas un diagnostic. L'application n'est pas un dispositif médical, et des symptômes persistants méritent l'avis d'un médecin ou d'un diététicien.

Sur quoi cela repose

  • Références botaniques décrivant la structure des fruits, drupes, légumineuses, grains et graines chez les plantes alimentaires
  • Bases de données officielles et académiques de composition des aliments donnant le profil en acides gras des huiles alimentaires
  • Littérature technique sur la trituration : pression mécanique, extraction au solvant, raffinage, décoloration et désodorisation
  • Réglementation européenne d'étiquetage alimentaire relative à la déclaration des huiles et graisses végétales dans la liste des ingrédients
  • Normes internationales relatives aux huiles végétales nommées, qui les définissent une par une et non comme une catégorie d'huiles de graines

Questions fréquentes

L'huile d'olive est-elle une huile de graines ?
Non. Elle est pressée à partir de la pulpe de l'olive, qui est un fruit, et le noyau est écarté plutôt que broyé pour son huile. Elle est en outre dominée par les acides gras monoinsaturés et non par l'acide linoléique : elle sort donc de la catégorie sur le plan botanique comme sur celui de la composition.
L'huile de coco est-elle une huile de graines ?
Pas dans l'usage courant, même si la botanique complique les choses. La noix de coco est une drupe et la chair blanche que l'on presse est un tissu de la graine, ce qui rapproche techniquement l'huile de coco d'une huile de graines plus que l'huile d'olive. Aucune liste ne la traite ainsi, car elle est presque entièrement saturée et très pauvre en linoléique.
L'huile d'arachide est-elle une huile de graines ?
Cela dépend de la liste. L'arachide est une graine de légumineuse, structurellement identique au soja, donc une lecture littérale répond oui. La plupart des listes l'excluent parce qu'on la range parmi les fruits à coque, ce qui relève du vocabulaire et non de la plante.
Le Nutri-Score indique-t-il si une huile est une huile de graines ?
Non. Le Nutri-Score est un score volontaire de A à E affiché à l'avant des emballages ; pour les matières grasses ajoutées il prend en compte notamment les acides gras saturés, le sel et l'énergie. Il ne renseigne pas sur la partie de la plante dont provient l'huile, ni sur son mode d'extraction.
Existe-t-il une définition officielle de l'huile de graines ?
Non. La réglementation définit chaque huile végétale par son nom et fixe des exigences la concernant, mais aucune autorité ne définit une catégorie appelée huiles de graines ni n'impose le terme sur un emballage. C'est pour cela que la réponse change selon la liste consultée.

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